lundi 13 juillet 2009

Sofy Major / self titled























Après un mini album qui m’est rapidement tombé des mains et après un split 10' partagé avec les lyonnais de One Second Riot et trouvé à peine plus intéressant, voici le retour de Sofy Major. Les clermontois ont du faire face à quelques changements de line-up et proposent ce nouveau maxi quatre titres via les labels Emergence records (site non mis à jour depuis un petit paquet de temps) et Communication Is Not Words (des pros de la com’ et marketing quoiqu’ils en disent). Sofy Major a mis le paquet au niveau de la présentation de son disque avec un artwork signé Brian Cougar sérigraphié sur une pochette gatefold en gros carton. La galette de vinyle est elle aussi sérigraphiée sur sa face muette, faut pas gâcher. Mais c’est surtout question contenu que le groupe est passé à la vitesse supérieure, quittant les rivages d’un hard core à tendance juvénile et screamo (pléonasme) pour se rouler dans la boue puante d’un metal lourd fortement teinté de noise névrotique. Densification du son, étayage des compositions de l’intérieur et carapace urticante à l’extérieur. Le résultat est d’autant plus bluffant que l’on ne pensait pas Sofy Major capable de telles prouesses, attaquant l’auditeur directement à la gorge et ne le lâchant plus, l’étouffant lentement mais sûrement.
Guitares épaisses et poisseuses et rythmique ultra pesante (Meurtre à Lezoux) ne sont pas les uniques points forts d’un disque dans lequel petites bidouilles électro et samples malfaisants sont utilisés avec discrétion et efficacité, bien planqués dans le mix pour ne pas donner cette impression de greffe artificielle qui en général gâche tout. Sofy Major sait également se faire insidieux et particulièrement malsain (les ambiances industrielles et sales sur Endive) ou plus basiquement efficace et direct (Need A Spank ?, le titre malheureusement le moins original du lot). Final taillé sur mesure dans un brouillard obscur pour une grande orgie de sentiments dépressifs et sombres, Satan expérimente un chant plus nuancé (et clair), ramène à la vie quelques fantômes putrescents et bouffés par les vers, inverse les bandes -y a-t-il un message subliminal caché comme sur un vieux disque de Judas Priest ?- et les errances bienvenues des guitares ouvrent de nouvelles perspectives à un groupe dont on espère maintenant qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Et puis la face B non gravée a beau être très belle avec sa sérigraphie, on regrette quand même de ne pas pouvoir en entendre davantage…