vendredi 7 décembre 2012

Jubilé / Songs Of The Cold North




Songs Of The Cold North est le nouvel (le deuxième ?*) album de JUBILÉ et il tient toutes ses promesses ; c’est que l’on a attendu un peu trop longtemps depuis On mo nO, du nom de la face d’un split 12’ que le duo stéphanois (guitares, batterie et voix) avait publié en 2010 aux côtés de Ntwin – ainsi Songs Of The Cold North marque à la fois le retour en grande forme de Jubilé mais aussi le retour aux affaires de Boom Boom Rikordz**, le propre label de ces deux jeunes gens.
Le disque en lui-même vaut le détour : un LP en vinyle transparent emballé dans une pochette transparente elle aussi, tout comme l’insert. Sur cet insert est imprimé un texte et non pas les paroles de l’album, un texte signé Aaron Cometbus, tiré du recueil En Dépit De Tout et traduit pas Stef Radparty (qui en parle mieux que quiconque). Si jamais un exemplaire de Songs Of The Cold North vous passe entre les mains, lisez ce texte ; il n’est pas là pour faire encore plus joli ni pour faire bien. Ça, c’était la partie purement matérialiste et descriptive de cette chronique.



Le plus important reste la musique et question mise en œuvre Jubilé n’a pas beaucoup bougé par rapport à On mo nO : l’enregistrement de Songs Of The Cold North n’a pas du prendre plus de trois jours au duo, hop, emballé c’est pesé. On ne sera donc pas surpris d’écouter un disque cru, presque dru, sans fioritures ni chichis. Jubilé ne se permet aucune facilité, en tous les cas pas celles de l’enjolivement de sa musique en studio, et c’est ce qui séduit aussi chez le groupe, cette honnêteté et l’absence de compromis. Principale conséquence, la musique de Jubilé apparait d’autant plus comme une aubaine ; une aubaine du genre inclassable (les compositions pourraient être un croisement entre le rigorisme explosif d’un DNA/Mars et l’ascétisme emo d’un Fugazi, curieuse association s’il en est, en tous les cas Jubilé est un vrai groupe punk) et surtout Songs Of The Cold North est une bonne décharge de courant électrique, également un vrai courant d’air frais au milieu de toutes ses productions, grosses mais flasques, qui ne connaissent que les joies de la surcompression comme méthode d’expression.
Certains regretteront peut-être que les guitares n’aient pas été mise plus en avant au profit du chant qui lui occupe souvent le premier plan et qui, comme d’habitude chez Jubilé, s’égosille et défouraille sans aucun complexe ni aucune posture – comme la musique du groupe, ce chant pourrait avoir le cul entre deux chaises mais il a surtout la vérité pour lui. Enfin un chanteur et un groupe qui n'ont pas peur de leur singularité.

Songs of the Cold North a été publié par un cartel de label D.I.Y. comprenant l’Assos'y'song, Boom Boom Rikordz, Et Mon Cul C'est Du Tofu ?, Katatak, et les losers de Rock'n'Roll Masturbation ; le disque est en outre en écoute intégrale et même téléchargeable gratuitement – ce qui ne constitue absolument pas une excuse valable pour ne pas vous le procurer auprès des labels mentionnés ci-avant.

* Jubilé a en fait publié deux disques et demi : le très primitif Grezi I Disgusto en 2007, On mo nO en 2010 et ce Songs Of The Cold North
** ce qui n’est pas tout à fait vrai : depuis sa sortie d’hibernation Boom Boom Rikordz a publié le disque de Tonnerre Mécanique ; la prochaine production du label est également déjà dans les bacs, il s’agit de Terminal Rail/Route de Deborah Kant, un disque dont on parlera très bientôt